forums
A propos de Constellation European Roadshow - le 15 avril 2004
Pas de commentaires disponiblesprojet pafpaf
Musique
Constellation European Roadshow - le 15 avril 2004
2004 - Les Instants Chavirés (Paris) - Par eric, 22 avril 2004.
Gathering storm... :
Une soirée sous l’influence des éléments, déchaînés, dominants et envoûtants.
Difficile de résister au plaisir de me lancer dans un petit compte rendu du passage à Paris du Constellation European Roadshow, l’occasion de découvrir deux nouvelles recrues du label, et de revoir Hangedup, duo qui a déjà sa place depuis un certain temps dans le ciel étoilé...
Polmo Polpo
Ouverture avec Polmo Polpo, créature du chanteur et guitariste Sandro Perri + guests.
Après un puissant crescendo dissonant, la voix très douce de Perri s’installe, comme posée un peu bancalement sur les mélodies douces qui suivent. Pendant leur set, les musiciens vont et viennent, la formation est en constant mouvement autour de Perri. Entre un autre batteur, exit le bassiste, entre la violoniste exit un guitariste, etc... Une versatilité qui se reflète aussi surtout dans sa musique qui s’aventure entre rock, post-rock, folk, etc. Et par moment, les guitares pleurent, bien sûr.
Polmo Polpo est plus convaincant quand tous s’énervent un peu. Les morceaux les plus calmes manquent de grain, de relief. On sent qu’ils hésitent à se lâcher, ils s’empêtrent trop dans une retenue qu’ils maîtrisent encore mal. Il y a néanmoins beaucoup de potentiel, dont Perri saura certainement tirer parti pour prendre ses distances par rapport aux canons de Constellation.
Il n’est reste pas moins que c’était un joli petit début de soirée...
Elizabeth Anka Vajagic
Arrivée ensuite d’Elizabeth Anka Vajagic, petit bout de femme, grand sourire triste, troublante. Elle nous dévoile, pleine de pudeur, son folk mélancolique dont le pathos désabusé évoque à la fois Cat Power, Hope Sandoval, PJ Harvey, Nico, sans pour autant donner l’impression de déjà-entendu.
Chantées à pleine gorge, comme secouée par de lents sanglots et pourtant c’est la volonté (de revanche, de passer outre) plus que l’apitoiement, qui s’exprime dans les chansons. Pleine d’une retenue qui n’est pas sans faire comprendre toute l’énergie qu’elle pourrait dégager. C’est un peu comme ces orages en été, des grondements sourds au loin dont on sent la puissance et dont la distance est rassurante.
Alors on se laisse entraîner dans les tourments de la belle Elizabeth, qui est aussi dévastatrice qu’envoutante. Assise, serrant sa guitare près d’elle, accompagnée par le reste de la petite troupe du roadshow, pas de batterie, la seule mesure du temps que l’on aura est celle que marque le tonnerre d’applaudissements du public à chaque fois que la voix d’Elizabeth se tait.
Le final est grandiose, le morceau se transforme en une structure cyclique qui pourrait durer à l’infini. Elizabeth serre sa guitare encore plus près d’elle et révèle encore un peu plus qu’elle est ce petit être de purs décibels.
Hangedup
Le temps de faire un peu de place sur scène, et place à Hangedup. Eric Craven à la batterie et Gen Heistek au violon alto. Si l’approche semble assez minimaliste, le résultat est loin d’être aussi austère que ce à quoi on pourrait s’attendre.
Quelques crissements de violons, légères percussions hasardées comme pour assurer le public de leur présence et puis la tempête se déchaîne. Une pluie en rafale de cordes et déluge d’une batterie improbable. Une vieille planche de skate est reconvertie en guitare de fortune, dont les cordes sont violemment écrasées par les baguettes du batteur pour produire un cri strident du plus bel effet. Le jeu du violon est ultra basique, quelques notes reprises bis repetita, l’archet de Heistak n’est qu’une tache floue tant son bras s’agite vite.
Il est impossible de rester en place lorsque l’on est en proie à une telle dynamique, et il suffit d’un coup d’oeil pour voir toute l’assemblée s’agiter frénétiquement... le corps qui oscille, les mains qui battent la mesure.
Sur No More Bad Future, véritable clé de voûte de leur set, l’intensité est à son comble, quand le morceau, après quelques minutes, prend son envol, et que les derniers remparts contre la tempêtes lâchent. Le duo est alors accompagné par une basse, dont les pulsations sourdes sont autant de vagues qui viennent s’écraser contre les spectateurs transportés.
Pour finir, un rappel, avant de s’éclipser, avec un nouveau morceau qui se révèle être une belle démonstration de puissance, articulée autour d’un cri enregistré dans le violon...
Épuisés, aussi bien les musiciens que le public, la soirée prend fin. Le retour en métro ne suffira pas à nous calmer et nous faire oublier la mécanique à laquelle se sont soumis nos corps pendant ces trois heures...
Un peu de musique ?
Musique
1967 - Castle
Davies in Wonderland : Dans le courant de la British Invasion, les Kinks ont toujours été un peu à part. Leur tête (...)
Un petit film ?
Cinéma
Michael Moore - Fahrenheit 9/11
2004 - Dog Eat Dog / Wild Bunch
Le monde de Bush selon Michael Moore : Le célèbre altermondialiste barbu à la casquette repart à la charge et s’en prend (...)
Un peu de lecture ?
Livres
Isaac Asimov - Le Cycle de Fondation
1951 - Folio SF
« La violence est le dernier refuge de l’incompétence » : La trilogie Fondation de Isaac Asimov est considérée par beaucoup comme le roman fondateur de (...)

